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Pepete,
ou l'histoire extraordinaire d'un petit cheval devenu un
grand étalon |
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Né en 1959 en Espagne,
à l’élevage de Juan del Cid Calonge , près de
Séville, alors l’un des plus importants et des plus réputés
du pays, Pepete avait tout pour plaire : son type , sa
morphologie, ses origines…… tout.. ou presque, car sa petite
taille ( 1m45 ) rebutait les éleveurs intéressés par ce beau
modèle. Ils étaient loin de penser que sa production n’hériterait
pas du tout de ce handicap et serait appréciée dans le monde
entier….Néanmoins, cette
" condamnation " à priori le relégua dans un
rôle ingrat et peu enviable pendant la majeure partie de sa vie,
et ce ne sont que la persévérance et l’obstination de Lisa
Goodwin Campiglio, éleveur passionnée de pur sang arabes
pendant plusieurs dizaines d’années , qui permirent à Pepete,
dans les trois dernières années de sa vie, de prouver à ses
détracteurs ses qualités exceptionnelles. |
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Le père de Pepete était Habiente,
un fils de Gandhy, beaucoup utilisé par la Yeguada Militar
pour les besoins de l'Armée, du fait de ses qualités
athlétiques. La mère de Pepete était Oklaoma, une fille
de Barquillo, très gracieuse. Elle fut exportée quelques
années plus tard en Amérique du Sud . Habiente et Oklaoma
avaient tous deux la même mère: Veranda, l'une des
meilleures juments du Duc de Veragua. Veranda a transmis à Pepete
ce grand oeil typiquement espagnol qui plaisait tant au Duc de
Veragua . |
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Le périple de Pepete commença
en 1964 , quand Juan Del Cid décida de réduire l’effectif de son élevage à
l’occasion d’une vente aux enchères à Jerez. . Un éleveur des Baléares,
intéressé par un lot de juments , embarqua également Pepete qui, par sa taille « poney » comblait une petite
place encore disponible dans son camion.
A cette époque, le
transfert de chevaux par bateau entre le continent
et les îles avait de quoi traumatiser un jeune cheval, et on peut penser que
l’aversion ultérieure de Pepete pour tout transport par terre ou par mer
avait son origine dans cette première expérience : en effet, les chevaux,
placés dans des caisses à claire-voie, étaient immobilisés par une dizaine
de cordages passés autour du cou pour les empêcher de sauter. Les caisses étaient
ensuite hissées sur le bateau par d’énormes grues et posées sans ménagement
sur le pont ; les chevaux restaient ainsi,
sans pouvoir bouger, pendant 16 heures, exposés au vent, à la pluie,
aux embruns, aux orages ou au soleil brûlant, sans abri…. Plusieurs d’entre
eux ne survivaient pas à ce
cauchemar… |
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Arrivé à l’île de Majorque, Pepete fut très vite remis en vente,
car sa petite taille dissuadait l’éleveur de le garder comme étalon,…et
son caractère s’accommodait mal des méthodes assez brutales alors utilisées
pour « soumettre » un cheval…
Un acheteur se présenta et ramena Pepete à ses enfants qui
voulaient un compagnon de jeux….mais il s’aperçut très vite de son erreur,
et le revendit comme cheval sans papiers à un marchand de chevaux…
Une jeune dame hollandaise, à la recherche d’un cheval de selle, fut séduite
par ce petit arabe blanc aux reflets argentés ; elle l’acheta aussitôt
et le monta presque tous les jours pendant 10 ans avec le plus grand
bonheur, sans que Pepete ne fût jamais pour elle la moindre cause de
souci….. ce qui n’était pas le cas de son palefrenier, qui en était
terrorisé et était réduit à l’attacher avec des chaînes pour l’empêcher
de sauter comme une gazelle par le haut de la porte de son box |
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| C’est
à cette époque que Lisa Goodwin , qui possédait un élevage à Majorque,
aperçut Pepete, en promenade avec
sa cavalière ; elle fut
subjuguée par ce petit arabe et n’eut plus qu’une idée : acquérir
à tout prix cet étalon extraordinaire. Elle essaya en vain, à plusieurs
reprises de convaincre sa propriétaire, mais celle-ci n’avait aucune raison
de céder sa monture, à laquelle elle était très attachée… Hélas,
quelques années plus tard, d’importants soucis familiaux la contraignirent à
se séparer brusquement de son cheval ; dans la précipitation de cette décision,
elle ne se souvint pas de la proposition de Lisa Goodwin et vendit Pepete,
toujours sans papiers, au premier marchand de chevaux qu’elle rencontra.
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Pepete échoua ainsi à Arenal,
une petite ville du Sud de
Majorque, où, nuit et jour, il promenait en carriole les nombreux
touristes désirant visiter la ville, et , le week-end, servait de monture à
des apprentis « cow-boys » utilisant
sans scrupules éperons et mors les
plus agressifs…
Lisa Goodwin
apprit en 1978 que quelqu’un avait reconnu Pepete à Arenal ; elle partit
aussitôt à sa recherche. Elle le trouva dans un local insalubre baptisé écurie, méconnaissable, n’ayant plus
que la peau et les os, la bouche couverte de plaies saignantes provoquées par
les mors, les flancs déchirés de marques suintantes d’éperons…. mais
toujours cette flamme au fond des
yeux… Le pauvre garçon d’écurie était terrorisé par Pepete, et, quand
Lisa parla de l’acheter….il en tomba assis de stupeur…. ! L’affaire
fut vite conclue, Lisa trouva un camion en moins d’une heure… et un
chauffeur avisé qui banda les yeux de Pepete , ce qui permit au cheval de faire
un voyage sans histoires…
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| A son arrivée à l’élevage,
Lisa l’installa dans le meilleur box, face aux juments, et déplaça tous les
autres mâles pour que Pepete ne put ni les voir , ni les entendre.
Pepete vécut là les 3 dernières années de sa vie, adoré comme un
roi, en complète harmonie avec sa nouvelle maîtresse qui lui parlait d’une
voix douce et qu’il comprenait à mi-mots, et les enfants à qui il permettait
tout… mais il devenant fou lorsqu’un visiteur élevait un peu trop la voix …ou que le
vétérinaire s’approchait de son box.. ! Il ne supportait pas non plus
qu’un autre étalon saillisse ses juments ; elles étaient sa propriété.. ! |
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Il fallait
toute l’obstination de Lisa Goodwin pour mener à bien cette entreprise :
en effet, Pepete avait été rayé
du Stud-Book et sa réinscription nécessitait un nouvel agrément ; le
fait qu’il ait été déclaré alezan à 6 mois ne facilitait pas les choses.
Son collègue éleveur, qui avait importé Pepete en 1964, essaya de la
convaincre de ne pas l’utiliser ;Pepete avait maintenant 19 ans, et était
tout juste bon à saillir des poneys….mais Lisa s’obstina ; elle savait
qu’elle n’avait pas de temps à perdre, et la Commission du stud-Book, venue
à Majorque, donna un avis favorable. Cela
n’empêchait pas les autres éleveurs d’être très sceptiques…. jusqu’à
la naissance des premiers poulains qui emportèrent l’adhésion des plus incrédules…. |
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Pepete n’eut que
14 produits, dont 2 furent malheureusement victimes d’accidents
au cours de leur première année |
Ses
filles ont glané des succès aux quatre coins du
Monde
Sz Pajarilla , née
en 1979 de Jarilla ( Figuroso * Arilla ), l’une des juments de
base de Lisa Goodwin, fut exportée aux USA puis en Angleterre à
l’élevage Maxwell ; à chacune de ses participations, elle
se classa aux premières places des compétitions internationales
en Espagne, en Angleterre, en Belgique…. Sa production est
également remarquable : ses filles Pajarita, Palmera, Szed
Pajilla ont été respectivement championnes Junior et
vice-championne junior en Hollande, championne Junior aux
USA ; son fils Szed Payaso, exporté aux USA , fut
invaincu pendant de nombreuses années dans des épreuves
sportives très relevées.
Gual Hassika,
, née en 1980, vendue par Lisa Goodwin in utero avec sa mère
Adelfa ( Alcazar * Zarza ) à M.T Gual de Pons, puis devenue la
jument de base de l’élevage Karolinenhof de N.Jung, en
Allemagne, fut championne d’Allemagne et vice-championne d’Europe
en 1985 . Ses produits, notamment les étalons Kar Testigo, Kar
Talassio, Kar Tabaxir , la jument Kar Hacinau ont tous été
champions ou vice-champions de show en Allemagne et en Suisse .. |
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Szed Gura, née en 1981 de Gurab ( Maquillo *
Ratonera ), exportée aux USA où elle fut championne de l’état
de Washington en 1983 et 1984 , a produit également de nombreux
champions aussi bien en show que dans diverses autres disciplines,
notament I Impact, Szed Zutano, Szed My Fantasy……..
Sz Parilla,
née en 1980 de Sz Jarilla , exportée aux USA, jamais présentée
en show à cause d’un accident, a produit entre autres les
étalons performers Szed Don Nilo et Szed Zar et la jument Szed
Payadora , tous champions aux USA.
Il faut aussi citer Hidra,
née en 1981 de Khe Serra ( Khenim * Fa Serra) , mère de
Sarajevo, fils de Mozart, né en Espagne et 4ème au
championnat d’Europe 1993 ; importée en France en 1992 ,
ses descendants sont très prometteurs.
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Les fils de Pepete sont très estimés aux USA,
particulièrement dans les épreuves Point to Point Racing ( de
longues distances sur des terrains très accidentés )
Szed Abu Ayn,
né en 1981 de Fruta ( Komuste * Randa II ), et exporté aux USA ,
y a remporté de nombreux titres dans des épreuves très
relevées, non seulement dans des compétitions de pur sang
arabes, mais aussi dans des championnats toutes catégories où il
tint tête à des Quater horses.
Szed El Mec,
magnifique mâle gris né en 1980 de Khe Serra ( Khenim * Fa
Serra), exporté lu aussi aux USA , y remporta également de
nombreux titres
Gual Houram,
étalon gris né en 1980 de Gual Dogan ( Galeon * Marejadilla ),
champion junior des Baléares en 1982 , a produit plusieurs
juments d’élevage remarquables, entre autres Fer Tara par
Aljaima |
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Parmi les descendants de Pepete, dans les
générations suivantes , il faut mentionner particulièrement
Szed Payaso, Hermosa, Don Nilo, tous multi-champion aux USA,
mais la liste des champions, dans
le monde entier, ayant dans leurs veines du sang de Pepete ,serait
trop longue….
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Pepete est mort en 1981, à
l’âge de 22 ans, et n’a eu que 3 années pour
prouver ses qualités exceptionnelles de géniteur ;
on ne peut qu’être admiratif devant la perspicacité
et la ténacité de Lisa Goodwin, qui , seule face au
scepticisme général, a cru en cet étalon et a vaincu
tous les obstacles pour , à la fois, lui donner une fin
de vie décente et lui apporter une notoriété que
personne, à part elle, n’aurait
pu imaginer… ! |
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